Suzanne Jacob
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AUDIO: 27 min. 15 sec.
Lecture d’extraits du Bal des humains, par Suzanne Jacob, en présence de l’artiste le 22 septembre à 15 heures.
Les artistes de la Renaissance ont pris comme modèle l’art grec et romain ; Gauguin et Van Gogh se sont inspirés des estampes japonaises ; les masques africains ont servi de guide à Picasso et Braque ; et voici Patrick Cady dont les œuvres suivent les traces de la sculpture inuite.
Du basalte au marbre, de l’albâtre à la stéatite, ainsi que sur des os de baleine.
Le geste compact des artistes du grand nord est transformé par Cady en un langage sculptural d’une esthétique originale et poétique.
Cady est psychanalyste, ce qui peut expliquer bien des choses sur la thématique des œuvres. Assez tard dans sa vie, il a fait la rencontre de l’art inuit dont la vigueur expressive alliée à une puissante présence matérielle l’a subjugué au point de l’engager à donner corps par le truchement de la pierre à ses idées et sentiments. Habile de ses mains, il s’est procuré les outils du sculpteur et s’est mis à tailler la pierre y consacrant nuits, week-ends, vacances.
Le couple, ses accouplements, ses rencontres, ses échanges surgissent de la pierre. Les visages sont neutres, presque dépersonnalisés et, de ce fait, pour ainsi dire, universels. Les corps sont trapus, forts de leur chair. Ils s’unissent au niveau du ventre dans un cône renversé qui sert de base à la sculpture. L’artiste lourd de son bagage psychologique exprime matériellement la dualité inéluctable de la condition humaine. Dualité toujours régie par l’union. Cady se garde bien de parler amour, il en reste à l’essentiel : la fusion sans compromis étant pour lui la seule garantie de l’existence. L’aspect formel des œuvres ne laisse planer aucun doute sur leur signification. Point d’angle, tout est rondeur. Les personnages sont pris dans la masse de la pierre. Les yeux grands ouverts, ils ne se regardent pas. De par leur position, de par leur geste, de par leur ressemblance physique, ils se rejoignent sans délaisser le moindrement leur personnalité. Même accouplés, ils sont eux-mêmes à part entière.
Ces pièces ont fait l’objet d’un très beau livre Le bal des humains publié aux éditions 400 coups, l’écrivaine Suzanne Jacob apporte une réflexion profonde sur les sources de création de l’œuvre de Patrick Cady. Celui-ci, à son tour, accompagne chaque photographies de ses œuvres d’un texte où se côtoient l’imaginaire, les circonstances et la réflexion qui ont donné lieu à la conception des scupltures. Des extraits de ces textes se retrouvent dans l’exposition qu’il sera possible de visiter gratuitement du 1er au 30 septembre 2007.
Source : Vie des arts numéro 207





